Archive pour février 2007

LITTORAL (extrait du texte du Père Aubé)

Lundi 5 février 2007

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…C’est au temple de Karnak que l’épouse d’Akhénaton, la reine Néfertiti clama, après la prière du matin :

« À l’approche de la nouvelle période de crue des eaux du Nil, qui s’annonce comme étant encore pire que celles des dernières années, il est impératif que, dès la prochaine lune se tienne le rituel d’union symbolique entre Aton et Sobek. Il en va de la survie de notre peuple.»……..

…..Abina alla, d’un pas défiant la gravité, se coucher doucement à plat ventre sur le dos de l’immense crocodile dont la membrane mobile protégeant ses yeux sous l’eau se rétracta. Elle se mit à glisser du bassin sur les ostéodermes formant le bouclier dorsal de la bête. Les écailles cornées fissurèrent rapidement l’intérieur des cuisses de ma partenaire, qui sembla bientôt ne faire qu’un avec l’immense crocodilien.

J’enjambai la bête à mon tour, derrière la belle Abina, et posai mes pieds sur les pattes postérieures du monstre. Abina releva ses petites fesses dorées, facilitant ainsi l’accès à son jardin de délices humides.

C’est alors que je pénétrai, non sans peine, la fille d’Aton. Le crocodile réagit de façon synchrone en ouvrant son immense gueule pour grogner. Je me fendis la peau des fesses sur ses écailles en accélérant le rythme de mes allées et venues. Le reptile fit glisser lentement sa longue queue sur le sol, renversant sur son chemin, tables, nains et tabourets…

Pour absortion collective

Lundi 5 février 2007

Rien n’est plus mobilisateur que la pensée. Il n’est d’activité plus subversive qu’elle. Plus redoutée. Plus diffamée aussi.
Le seul fait de penser est politique. D’où la lutte insidieuse, d’autant plus efficace, menée de nos jours, comme jamais, contre la pensée. Contre la capacité de penser. Laquelle, pourtant, représente et représentera de plus en plus notre seul recours.

Jacque Testard, Pour une éthique planétaire

Je lisais cela et j’ai pensé à vous, admirables et subversifs cabaretiers littéraires.

Signé : L’animateur de gala sans date

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Photo : gracieuseté de Denis McCready

La TAG continue… 5 choses que vous ne connaissez pas sur Isabelle Ménard

Mardi 6 février 2007

-          J’ai été une enfant très malade. J’avais 2 mois lors de ma première hospitatlisation: convultion, réaction allergique… J’ai passé 1 semaine à l’hopital, devant mes parents impuissants. On les avait informé que mon cerveau pouvait être atteint, et que j’aurais peut-être de graves capacités d’apprentissages. J’ai arrêté de prendre des médicaments à 4 ans. Je n’ai plus jamais été malade.


 -          Je pense être devenue mature à 7 ans. Je me rapelle que la naissance de ma petite soeur (quand j’avais 4 ans) a été l’expérience la plus traumatisante de ma vie. J’ai alors compris que je devais m’arranger toute seule et surtout être la meilleure. J’ai toujours été une première de classe.


 -          À mon anniversaire de 12 ans, mes amis invités avaient décidé de faire du « mini-grabuge » en bombardant les voitures de mes voisins avec des oeufs. Moi, je les suivais en vélo, en criant : « Ce que vous faîtes c’est illégal, vous êtes des criminels. Moi, je ne suis pas comme vous, je veux être avocate… »


 -          Je me suis fait faire une réduction mammaire à 18 ans. C’est la plus belle décision de ma vie. J’ai les plus beaux seins du monde.


 -          J’ai participé à l’émission « Des vertes et des pas mûres », l’émission du jeudi qui est un quiz sur l’artiste invité. Je suis donc une experte de l’humoriste/animateur/comédien ALEX PERRON. J’ai remporté une nuit dans un Holliday Inn de Cowansville et 4 passes de saison pour les Glissades d’eau Bromont. Je ne suis jamais allée.

Ok, j’envoie la tag à Patrick Bélanger, Benoît Mendreshora et Denis McCready.

Très cool comme idée. Maudit que les auteurs ont de bonnes idées!

La tag de Mendreshora

Mercredi 7 février 2007

Pour répondre à l’invitation d’Isabelle.

1. Quand j’avais 9 ans, mon frère âgé de 18 ans, m’a fait croire pendant une année complète qu’il était la doublure de Robin dans la série Batman. Quand il était absent pour un week-end, il allait à Hollywood pour tourner des cascades “incognito” sous son masque et ses collants, qu’il me disait.

2. Pendant quelques temps, quand j’étais sous l’effet de certaines “substances”, j’étais convaincu d’avoir le pouvoir de lévitation. (Quand je ferme yeux, je me souviens parfaitement du feeling. Tellement que je me demande parfois si je n’ai pas lévité pour de vrai.)

3. Pour détendre l’atmosphère alors qu’on me faisait une colonnoscopie, la première chose que j’ai dite à l’infirmière qui manipulait la caméra voyageant de mon anus à mes intestins, a été : “J’ai déjà vu des films de cul plus excitants que ça.”

4. Quand j’écris des textes pour le Cabaret des auteurs, je me force en tabarnak pour trouver une couple de jokes parce que je suis maladivement intimidé par le talent de la grappe d’humoristes qui m’entourent et j’ai toujours peur d’être perçu comme un auteur trop sérieux ou trop plate.

5. Je suis obsédé par l’idée de vieillir. Et plus ça va, pire c’est.

 

Je passe la tag à Mario Bélanger, parce que je pense que je ne suis pas seul à vouloir essayer de comprendre ce qui s’est déjà passé dans cette belle tête de fucké sympatique.

Suggestion de mantra média

Mercredi 7 février 2007

Ce qui importe le plus dans certaines situations c’est de maîtriser à temps l’euphorie.

René Char

Cet aphorisme est mon préféré. Je me le répète vraiment souvent.

MP

Quelles sont vos phrases clefs?

Vendredi 9 février 2007

La tag de McCready

Samedi 10 février 2007

- Mon père aimait bien chanter quand j’étais petit, et pendant de nombreuses années j’ai cru dur comme fer que c’était lui le vrai chanteur de « Fais du feu dans la cheminée » (Jean-Pierre Ferland).

- Depuis mon enfance, je dois épeller mon nom de famille quotidiennement. Je dois parfois expliquer que malgré mon patronyme, je suis un francophone né sur le Plateau Mont-Royal. Mon prénom se prononce en français Denis, pas à l’anglaise Dennis. Le nom McCready, écossais ou irlandais – c’est encore obscure – a été transmis de père en fils depuis 1820 au cours de mariages avec des femmes nommées Casey (Irlandaise), Forcade (Prussienne), Gingras, Séguin (une lointaine descendante d’un soldat du régiment de Carignan et d’une fille du Roy) et Villeneuve, toutes trois du Québec francophone. C’est une coincidence si je parle si bien anglais, et parfois mes interlocuteurs anglophones me demandent naïvement comment se fait-il que je parle si bien le français (!?!).

- Lorsque j’étais enfant, j’étais très impressionné par la première mission Apollo sur la lune. Je passais des heures à regarder les photos dans les National Geographics de mon frère. Pour moi, ces deux astronautes étaient de vrais héros. Hors en juillet 2007, pour mon travail, j’ai eu l’occasion de rencontrer le 2e homme qui a marché sur la lune, Buzz Aldrin.

- Depuis deux ans, je collectionne les machines à écrire mécaniques, surtout les modèles portables. J’en possède plus d’une trentaine, et occasionnellement j’en fais rénover une à fort prix (ouf!) par un réparateur de St-Léonard. Ma plus ancienne est un modèle pliable Corona #3, qui a inspiré mon texte Vermifuge l’an passé aux Auteurs, et qui date de 1917.

- Pour pleins d’aspects de ma vie, je souffre du syndrôme de l’imposteur, et je suis convaincu d’être totalement incompétent. J’ai parfois des pointes d’angoisse à l’idée qu’on me démasque. Je travaille en télévision-cinéma depuis plus de dix ans, et malgré ma pathologique conviction, on me donne des budgets de plus en plus gros à gérer, sur des sujets de plus en plus complexes. C’est la même chose pour les ADD, où malgré mes nombreuses participation, j’ai toujours l’impression que je suis pas assez profond, ou assez drôle, ou que mes textes ne sont pas assez travaillés. Curieusement, je ne nourris aucun doute sur mon pouvoir de séduction ou sur la valeur esthétique de mes photos. Devrais-je consulter?

RENVOI TAG
Ayant perdu le fil de quel(le) auteur n’a pas joué à ce jeu, je donne la tag à ceux et celles qui restent. Mais j’invite aussi à un nouveau jeu de tag : votre première expérience de lecture en public.

NOUVELLE TAG
Pour ma part, c’était à l’église St-Stanislas de Kostka, rue St-Joseph, où j’ai fait une des lectures lors d’une messe spéciale. J’avais 9 ans, un trac fou, des lunettes immenses, tremblotant dans ma chemise carottée dont les pointes du collet étaient aussi larges que mes maigres épaules, portant mes pantalons de corduroy – un tissus que j’ai eu en aversion pendant 25 ans. Ça m’a donné une émotion phénoménale de commencer mon texte en appelant « Frères » un parterre remplis de personnes qui m’écoutaient religieusement… C’est de là que me vient probablement la piqure, et c’est ça qui m’a poussé à faire de l’impro plus tard, et à rechercher ce plaisir que je prends régulièrement aux ADD.

Et vous, messieurs Hardcore, Lauzon et Petit, quelle a été votre première performance de lecture publique?

Toute une soirée ! MOUSTACHE…

Lundi 12 février 2007

Toute une soirée, moustache !

C’est dans un Diable vert bondé que nous venons de vivre une autre soirée unique.
Difficile à décrire, tant il y a de détails savoureux. Bravo aux auteurs :

Benoît Mendreshora : en plein dans le mile ! Encore une fois, tu as utilisé le thème de façon brillante. Tu l’a cerné, et en a fait un solide moteur dramatique. Touché !

Matthieu Simard : Wow ! Deuxième brave avec Denis à avoir joué à relier le thème à un événement de l’actualité en 500 mots. Habile lien entre la mort d’Anna Nicole et la moustache. Critique sociale empreinte d’humour. Ouf bravo (à Denis aussi pour batterie) Vraiment un jeu exigeant auquel je n’oserais pas me livrer, mais au résultat fascinant. Touché !

Mario, Mario, Mario, Mario, Mario… Je ne trouve pas les mots.
Mais qui es-tu donc Mario ? Un texte,une comédienne : Dialogue avec une fille dans un restaurant indien (musique indienne en trame de fond). On apprend que tu es amoureux d’un nain moustachu….
Une chanson, un guitariste, trois danseuses à moustache…(J’aime les filles à moustache) Une fleur, de la musique… Touché !

Isabelle, Touchante de sensibilité, belle comme un cœur, traitement original. Une bouteille à la mer de 500 mots bien utilisée. Un nouveau jeu heureux. Touché !

Hugo, mon pauvre Hugo, j’ai encore manqué ton texte à cause de ma transformation en Père Aubé. Bonne réaction. Donc, à moins d’un avis contraire, je dis Touché… Quelqu’un peut commenter ?

Père Aubé : Je suis heureux de la réaction des gens et des commentaires reçus après le spectacle. Le thème m’a donné bien du fil à retordre. J’ai écrit mon texte ce matin, de 9:30 à 12;30, je l’ai corrigé de 16:00 à 17:00.
C’était un texte plus austère, assez encyclopédique, tordu et pas très rigolo. Mais je tenais à écrire cette idée : Raconter les grandes lignes des 25 ans d’histoire du règne de Staline à partir du point de vue de son barbier personnel. En 1542 mots…
Réaction au-delà de ce que j’aurais pu imaginer, ça a vraiment plu. Les gens sont capables d’en prendre, le cabaret est vraiment un endroit parfait pour tester ses limites et prendre des risques comme créateur.
Je vais arrêter de me poser trop de questions.

Merci aux gens présents pour la qualité de leur écoute. Vraiment un public génial, merci d’assister à nos soirées.

Ne vous gênez surtout pas pour ajouter vos commentaires ou nous poser des questions. Le blog peut avoir une allure « d’inside », à nous de le rendre invitant.

Bien à vous J-F Aubé. (Dimanche prochain : « Mystère »)

Extrait “Moustache” du Père Aubé.

Mardi 13 février 2007

Je regardais, par les grandes fenêtres du Kremlin, la place rouge et la Moskova en me disant que mes yeux se posaient peut-être sur elles pour la dernière fois…Car comme l’ensemble de mon peuple, je vivais dans la peur d’être assassiné ou déporté au Goulag sans explication…

…C’est donc à titre de barbier personnel de Staline que je pus le suivre pendant 25 ans…

…Le plus difficile pour moi, avait toujours été de ne pas trembler.

La moindre coupure se voulant une condamnation à mort assurée.

Sans compter son souci d’avoir une moustache bien fournie, absolument symétrique. Sa moustache symbolisant sa puissance sous toutes ses formes, incluant bien entendu, sa puissance sexuelle…

…Comme à tous les soirs, je plaçai ma mallette sur une petite table à côté du fauteuil de Staline. Ce dernier me salua simplement sans me regarder, puisque absorbé par le spectacle et fébrile dans l’attente d’assister à une nouvelle orgie…

…Allez, donne du plaisir au chef de ta nation pendant qu’on le rase. Ensuite je te rendrai folle en balayant ton sexe de ma grosse moustache…

…J’espérai, en rasant sa joue, qu’il n’ordonne pas qu’on fasse bêtement exploser la tête de la maladroite…

…Ma pauvre sœur, le visage couvert d’ecchymoses semblait être destinée à assouvir ses désirs tordus…

…-Haaa ! Sergueï ! Celle-ci est aussi chaude que ta serviette sur ma peau, allez maintenant termine mon cou, que je dévore au plus vite cette alliée des chemises blanches !…

J’appuyai lentement ma lame sur sa gorge.

Je levai les yeux et obtins enfin le signal d’Alexeï et Léonid, mes collègues postés prêts de l’entrée…

D’un coup sec, je tranchai sa gorge. Un mouvement que j’avais répété dans ma tête à chaque soir, depuis tant d’années.

Il resta figé alors que son sang gicla au plafond, éclaboussant de vifs jets le candélabre préféré de Catherine de Russie…

…- Je savais que tu réussirais Sergueï, me dit-elle en pleurant.
Viens, filons maintenant, pendant que nos troupes infiltrent le Kremlin…

-Un instant Anna… dis-je, il me reste une chose à faire…

…-Va Staline, voilà ce que je fais de ta puissance !

Tag de Pat Bélanger

Mardi 13 février 2007

Ma’ame Ménard m’a “tagué”! … Zut, j’pensais m’en sauver! Alors voici 5 secrets bien gardés ;

1. Je ne suis pas circoncis. Oui, je sais que la rumeur circulait depuis peu dans une zone résidentielle près de Greenfield Park mais je tenais à rectifier le tire avant que ces ouï-dires ne traverse le pont Jacques-Cartier…

2. Je suis né à Trois-Rivières, j’ai étudié la musique, le théâtre au Cégep et je me suis fait mettre dehors du programme Interprétation du Collège Lionel-Groulx pour attitude critique fasse à l’enseignement… le fait que dans un atelier j’incarne une tortue centenaire des îles Galapagos qui se dirige vers la mer pendant 3/4 d’heure a fait dire au prof que je me moquais d’elle et que je voulais faire rire les copains! Susceptible la madame!

3. Mon chat est mort il y a un mois et j’ai pleuré comme une fillette. J’ai fait un aller-retour à Trois-Rivières pour aller passer une dernière nuit en sa compagnie. Il avait 17 ans et c’était le plus beau chat du monde. et le plus doux. et le plus fin. Sauf qu’il était rendu sénile, louchait, miaulait pour rien et du pue lui sortait des narines. Bref, y paraît que c’était mieux comme ça…

4. J’aime les grosses chattes. Ma blonde en a une. Elle s’appelle Moogy. Elle est douce. Et quand tu la flatte à la bonne place, elle ronronne…

5. J’ai une dépendance. Je suis dépendant à la poutine. Une fois par semaine je dois en manger une, dans une “Belle Province”, en feuilletant un journal de Montréal. C’est probablement du fétichisme alimentaire… Mais c’est peut-être dans l’espoir que le cuisinier, qui m’appelle toujours “mon ami”, devienne un jour VRAIMENT mon ami…

Voilà! Merci à tous! Je crois que ça m’a aidé à cheminer dans ma thérapie… Vu que la plupart du temps j’écris des blagues, j’adore les auteurs du dimanche puisque je ne suis pas obligé d’être drôle. Mais j’avoue que quelques fois j’échappe quelques blagues de chatte ce qui est hautement inaproprié dans un blogue littéraire qui se respecte… Mes excuses à toute la faune féline qui nous lit…

J’appuie Mônsieur Mendreshora en double-taguant Mario Bélanger. Je veux en savoir plus sur cette fleur magique…

- Patrick Bélanger xx

NB Ah oui, j’ai bien hâte à dimanche prochain pour lire mon texte qui n’est pas encore écrit et qui s’intitule Mystère. Je vous donne un indice; ce sera un texte mystèrieux.